LE CERVEAU NéO-LIMBIQUE


C’est un cerveau nettement plus évolué que les 2 précédents qui présente la particularité d’apprendre. Il nous intéresse à double titre car il gère d’une part notre rapport aux interdits et d’autre part il est à l’origine de nos personnalités et, par conséquent, de nos émotions et de nos motivations.

Les interdits :
Ils sont comparables aux tabous du modèle Freudien et aux troubles de conversion. En effet, il nous est impossible de ne pas satisfaire un certain nombre de besoins naturels. Si ceux-ci sont négligés, ils sont alors remplacés par des comportements de compensation mais qui ne peuvent pas véritablement satisfaire les besoins interdits.
En approche Neurocognitive et Comportementale les interdits sont qualifiés de comportement hypo fonctionnels, les comportements de substitution de comportements hyper fonctionnels et la décompensation de répression d’hyper. Ces approches s’inspirent de la biologie et de l’autorégulation qui définissent que lorsqu’un système autorégulé se bloque un autre compense. Pour les Approches Neurocognitives et Comportementales, les interdits correspondent à des évitements sociaux. C’est ainsi qu’à contrario des approches Freudiennes, elles définissent les interdits comme de « simples » règles acquises de nos modèles de vie. Elles partent du postulat qu’il « suffit » d’affronter ces règles pour les supprimer et rétablir naturellement les comportements. Les expériences démontrent qu’il nous faut affronter un interdit au moins 15 fois avant de le faire disparaître. Il est également à noter qu’un comportement d’hyper est à tendance obsessionnelle et qu’il crée chez nous de fortes attentes mais aussi une insatisfaction permanente. Il peut alors en résulter une démotivation dans le meilleur des cas et une véritable souffrance en cas d’échec.
Les instincts de survie gérés par notre cerveau reptilien ont également une fonction dans la gestion de nos interdits. En effet, ces derniers créent chez nous une résonnance émotionnelle qui traduit notre attirance pour des personnes qui se donnent des permissions que nous nous interdisons. Elles se manifestent par de la gêne (fuite), du rejet (lutte) ou de l’admiration et de l’abattement (inhibition). Ainsi lorsque nous ne sommes pas concernés ou impliqués par une situation mais que cette dernière crée chez nous une émotion de forte gêne, d’agacement et de colère ou d’admiration nous pouvons diagnostiquer un interdit. Si l’identification et l’affrontement de nos interdits nous permettent réellement de nous développer, il est également possible d’améliorer ou de remplacer les comportements de substitutions.


Les personnalités :

Notre cerveau néo-limbique gère également des aspects fondamentaux que représentent nos personnalités et par voie de conséquence nos émotions et nos motivations. Les connaissances scientifiques en la matière nous permettent d’arriver aux conclusions que nous n’avons pas une mais des personnalités, que celles-ci se répartissent en tempérament et en caractère, qu’elles ont deux modulations (« réussie » pour l’extraversion – « empêchée » pour l’introversion) et qu’elles sont structurées autour de nos méta-instincts que sont l’activation, la fuite, la lutte et l’inhibition. Enfin, il y a lieu de considérer les personnalités comme de véritables « mondes », ce que notre capacité naturelle à nous projeter ainsi que le piège d’une apparente compréhension des autres, négligent le plus souvent.
Les recherches démontrent que jusqu’à l’âge de 3 mois notre cerveau se développe d’une manière autonome, il est d’une certaine mesure indépendant de son environnement. En revanche, après cette période il est influencé par ce dernier. Ainsi, c’est jusqu’à l’âge de 3 mois que nos tempéraments se définissent. Ils correspondent à nos motivations inconditionnelles et à nos évidences de vie. Ils définissent ainsi nos potentiels et ne connaissent pas l’échec. Ils sont de fait quelque peu naïfs et représentent en quelque sorte nos idéaux.

Nos caractères se constituent par l’ensemble des règles que nos modèles nous ont appris. Ils correspondent à nos motivations conditionnelles et ne se maintiennent qu’en cas de résultats positifs. S’ils ont une fonction indéniable de protection de nos tempéraments et qu’ils contribuent positivement et largement à ce que nous sommes, ils sont aussi source d’une potentielle rigidité et peuvent être à l’origine de nos démotivations. Nos caractères définissent nos valeurs et nos antivaleurs.
Dans le cadre de notre développement ou de notre plus grande performance, il est important de distinguer nos tempéraments de nos caractères. Car c’est un fait que nos véritables motivations, celles qui font que nous sommes en dynamique de réussite, peuvent nécessiter soit de les clarifier soit de leur permettre de mieux s’exprimer. Nos tempéraments correspondent à nos évidences de vie qui font que nous faisons les choses naturellement sans nous questionner (je ne sais pas c’est comme ça! pourquoi c’est possible d’être autrement? c’est plus fort que moi!). Nos caractères correspondent, eux, à une aversion et à une réponse de type obligatoire (je ne supporte pas, il faut que, je ne peux pas ne pas…)

Nos personnalités se structurent également autour de deux modulations définies par les Approches Neurocognitives et Comportementales par « réussie » et « empêchée ». Ainsi, une personne qui aura pu satisfaire ses besoins naturels sans difficulté particulière sera qualifiée de structure « réussie ». Si au contraire elle a rencontré des obstacles, son cerveau aura su les traiter et donnera naissance à une structure dite « empêchée ». Il n’y a bien entendu pas de bonne ou mauvaise modulation. Ainsi une structure dite « réussie » aura un rapport à la vie « léger » et se manifestera par une certaine détente, une structure « empêchée » sera plus « sérieuse  » et sera à l’aise face aux obstacles. Nous pouvons comparer les structures réussie et empêchée à ce que l’on peut définir communément comme extraversion et introversion. Ces deux modulations structurent à la fois nos tempéraments et nos caractères.

En reliant nos méta instincts à nos tempéraments et à nos caractères et en les structurant autour des modulations réussie et empêchée, les Approches Neurocognitives et Comportementales ont défini un modèle de 16 personnalités principales. Il est fondamental de retenir que chacun d’entre nous n’a pas une mais des personnalités.

L’activation de l’action se caractérise globalement par une posture d’observation de la « vie » : la fuite par le fait de « bouger », la lutte par la domination et l’’inhibition par le partage.

Ce modèle de personnalités se décline de la façon suivante :


L’activation de l’action « réussie » qui laisse apparaître une personnalité « philosophe ou épicurienne» dont l’axe majeur est de jouir du temps et de la vie... c’est le « tout est facile ! ».

L’activation de l’action « empêchée » qualifiée de « novateur » qui exprime une personnalité qui aime profondément réfléchir et qui a un sens aigu de la responsabilité… c’est le « il faut réfléchir ! »

La fuite « réussie » qualifiée d’« animateur » se caractérise par le fait d’aller vers, l’action, le jeu, le changement et la créativité... c’est le « il faut bouger au loin ! »

La fuite « empêchée » qualifiée de « gestionnaire » définit une personnalité qui aime prévoir et contrôler, la rigueur, la précision et la perfection… c’est le « il faut bouger sur place ! »

La lutte « réussie » qualifiée de « stratège » pour ceux qui aiment être leader, fédérer, décider et organiser tout en respectant leur public et la qualité relationnelle… c’est le « tous avec moi ! »

La lutte « empêchée » qualifiée de « compétiteur » pour ceux qui aime aller vite, les défis, la différenciation et l’indépendance... c’est le « seul contre tous ! »

L’inhibition « réussie » qualifiée d’ « affectif-participatif » pour ceux qui se nourrissent des relations chaleureuses et des contextes à taille humaine… elle se définit par le « entre nous »

L’inhibition « empêchée » qualifiée de « solidaire-altruiste » pour ceux qui ne s’intéressent profondément qu’au bonheur des autres… elle se définit par le « avec tous »

L’ensemble de ces 8 personnalités de base se répartissent très logiquement en tempérament et en caractère selon qu’elles sont une évidence presque inexplicable, nous parlerons alors de tempérament ou une forme d’impossibilité de ne pas faire ou de ne pas être, nous sommes alors en présence d’un caractère.

Une démarche de progression personnelle nécessite souvent d’identifier nos personnalités primaires (nos tempéraments) et secondaires (caractère), puis très souvent de redonner de l’espace à nos tempéraments en assouplissant nos caractères. Pour ce faire, nous pouvons faire un travail sur nos antivaleurs de façon à baisser nos intolérances et à relativiser ce que nous considérons comme des valeurs mais qui très souvent deviennent des points de rigidité fortement limitant pour notre progression personnelle. L’objectif de ce travail n’est pas d’adopter l’antivaleur mais simplement de moins sur réagir ce qui est une des conditions pour mieux nous entendre avec des personnalités différentes de nous. Si bien entendu la connaissance de nos personnalités est riche pour nous développer, il est clair que cette connaissance nous permet également de mieux gérer nos relations. Ainsi, si l’on sait déterminer nos ou les différents tempéraments de nos interlocuteurs nous savons de fait réveiller nos ou leurs motivations profondes et inconditionnelles.
De plus si identifier nos différentes personnalités est primordial pour connaître et développer nos modes de fonctionnement et s’il est également important de comprendre la différence entre tempérament et caractère, il est fortement éclairant de considérer que chaque personnalité est un monde étranger pour ceux qui ne les ont pas. De ce postulat dépend notre efficacité relationnelle.
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